Marianne Wälchli : Vous avez passé votre diplôme de violon en 1948 à la SSPM. Qu'est-ce qui vous a motivé à faire des études de musique? Et quelles raisons personnelles vous ont incité à étudier à la SSPM?
François Pantillon: Tradition musicale : Mon grand-père Georges P., directeur de musique, pédagogue, (Solfèges Pantillon), compositeur à La Chaux-de-Fonds ; mon père, Georges-Louis P., prof. de violon, directeur, compositeur, dans la même ville ; ma mère, Alice P.-Brehm, prof. de chant. Quant à moi, je n’aurais jamais pu imaginer faire autre chose que de la musique !
Mon père et ma mère étaient membres de la SSPM et y ont présenté de très nombreux élèves. Mon père était aussi professeur au Conservatoire de Neuchâtel, mais il a préféré me présenter à la SSPM pour pouvoir m’enseigner lui-même, à côté du violon, toutes les branches théoriques. Après 2 ans de leçons de piano j’ai commencé à 7 ans l’étude du violon. Ma mère me contrôlait chaque jour et mon père une fois par semaine. Vers ma quatorzième année je me souviens encore de mes premières véritables émotions musicales lors de mes leçons d’analyse quand mon père me disséquait les sonates de Beethoven au piano. J’adorais aussi l’harmonie et même le solfège quand ma mère au piano m’accompagnait des Lieder de Schubert ou autres Romantiques que je déchiffrais avec le nom des notes…
M.W.:Avez-vous poursuivi votre formation musicale après le diplôme SSPM?
F.P. Immédiatement après mon diplôme SSPM et l’école de recrue j’ai été reçu en 1949 au Conservatoire Royal de Bruxelles, une des plus hautes institutions de l’Europe de l’après guerre. L’enseignement y était gratuit, – modeste contribution pour les étrangers, – mais les examens d’entrée très sévères. En 1952 j’y ai obtenu un premier prix, premier nommé de violon, un autre avec grande distinction d’harmonie, en 1953 de contrepoint et en 1954 le diplôme supérieur de direction d’orchestre. Pour gagner ce titre je devais diriger 10 symphonies et poèmes symphoniques de mémoire et les présenter après une répétition au jury, cela à la tête de l’Orchestre national de Belgique.
M.W.: Vous avez enseigné le violon, joué en soliste (Trio Pantillon), dirigé divers orchestres etchœurs. De quel événement particulier conservez-vous un souvenir exceptionnel?
F.P.: Mon plus beau souvenir est la création anglaise du Requiem de Sutermeister au Royal Festival Hall à Londres avec le Bern Choir et le Royal Philharmonic Orchestra.
M.W.: Parlons du compositeur François Pantillon. Je me souviens d'avoir été très impressionnée par l'opéra "Die Richterin" que j'ai vu en 1991 au Stadttheater de Berne. Quelles œuvres vous ont-elles apporté vos plus grands succès?
F. P.: Un grand succès était en 1986 Clameurs du Monde, oratorio profane, (Claves CD 50 9119) qui fut retransmis par la TSR et par les radios d’une vingtaine de pays, puis l’oratorio de Noël Bethlehem (1995).Ces dernières années ce fut mon Concerto de violon La Clairière avec l’admirable violoniste Alexandre Dubach qui fut joué 9 fois avec trois différents orchestresdirigés par Théo Loosli et moi-même.
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